Un dolmen pour Compostelle

Le dolmen de Pech-Laglaire à Gréalou dans le Lot a été considéré par l'UNESCO comme un jalon sur les chemins de Compostelle en France et, à ce titre, inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité. Pourquoi ? Parce qu'il "est en bordure d'une dérivation du chemin de Saint-Jacques ", sans qu'il soit dit qu'il s'agit du chemin contemporain, et qu'il illustre de façon émouvante la permanence du réseau des communications dans notre histoire ". 

Une voie ouverte par l'Espagne

Le Camino francès, en Espagne, avait été inscrit au Patrimoine Mondial en 1993 avec 166 villes ou villages et plus de 1800 sites ou monuments. Pour ce faire, il avait été reconnu comme un " paysage linéaire continu  allant des Pyrénées à l'océan Atlantique " et jugé digne de cette distinction. Mais pour obtenir ce résultat, " l'Espagne avait triché avec les critères de l'UNESCO " nous a-t-on dit. Il est vrai que tout pèlerin qui a parcouru ce camino dans les années 1980 sait que, déjà dans ces années, il n'y avait plus de paysage linéaire continu. On peut se demander s'il a  jamais existé. Le volume des sites inscrits simultanément montre à l'évidence que cette décision ne correspondait pas aux critères de l'UNESCO.

Une décision biaisée

Pour ne pas être en reste,  il fallait que  la France triche aussi.  Elle a choisi 71 monuments qu'elle a présentés à l'UNESCO comme représentatifs des chemins de Compostelle. Ces monuments et 7 tronçons du GR 65 ont été inscrits au Patrimoine mondial en décembre 1998, au titre des chemins de Compostelle. Et l'UNESCO les a considérés comme un Bien unique dénommé les " chemins de Compostelle en France ". Depuis il est dit et gravé dans le marbre que " les chemins de Compostelle en France sont inscrits au Patrimoine Mondial ". Il s'agit d'un raccourci sommaire et trompeur mais très avantageux pour beaucoup. Outre la satisfaction d'amour-propre national, cette inscription s'est révélée bénéfique pour certains lieux qu'elle a sorti de l'oubli en leur fournissant une publicité inespérée.

Que faire aujourd'hui ?

Ce n'est pas la géographie de chemins hypothétiques qui réunit ces sites. Beaucoup ont un intérêt propre. Leur histoire ne doit pas s'effacer devant la référence à Compostelle. Comment les faire vivre autrement qu'en y comptant les pèlerins ? Que peuvent-ils imaginer et réaliser ensemble pour mieux mettre en valeur le patrimoine commun qu'ils représentent ? Comment chacun d'eux peut-il contribuer à faire connaître les autres ? Nous souhaitons que ces pages puissent contribuer à apporter des réponses à ces questions.